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Wër - coréalisé avec Pierre Granclaude - film 16/9 - HD - sonore - 13’12 - 2016

Wër est le nom wolof d’une des îles de la Madeleine bordant les côtes de Soumbédioune, un des marché aux poissons de Dakar. Inhabitée l’île fait l’objet de quelques visites touristiques guidées par des écogardes. Elle est constituée de roche volcanique, et son relief est très escarpé. La faune et la flore terrestre ne sont pas très riches. Les herbes sont sèches, les arbres nains et les animaux peu visibles. En revanche l’île abrite quelques espèces rares d’oiseaux et de fleurs. La mer très agitée renferme, quant à elle, un écosystème florissant qui constitue une manne nourricière et économique importante pour la ville. Par ailleurs ce bout de terre isolé est un lieux de culte Lébou, branche dissidente de l’ethnie Wolof en grande partie composées d’agriculteurs et de pêcheurs intrépides.
Le film cherche à mettre en relation l’étrangeté géographique des îles avec des récits mystiques qui expliquent des phénomènes naturels par une présence divine. Par ce biais le film  donne à voir l’imaginaire poétique qui se dégage du paysage et la manière dont les hommes en font un lieu de culture, un terreau spirituel.  La caméra est focalisée selon deux axes : celui de la nature (le ciel, la terre, la mer), celui des hommes (portraits, recherche d’une expressivité du visage qui parle d’un territoire sacré).
En amont,  plusieurs témoignages ont été récoltés auprès de Lébou et de pêcheurs. Ces récits sur l’île de Wër reflètent l’histoire du Sénégal et mettent en exergue une dynamique du global local équivoque. Religion, colonisation, faits divers, industrie de la pêche et économie sont mis au même niveau. Certaines de ces histoires se retrouvent le long du film, comme un fil conducteur. L’intégralité de ces récits est retranscrite dans une édition de 44 pages qui tente de donner une unité à toutes ces voix et légendes.